Malouda: "On est prêts"
L'équipe de France continue de préparer «au calme», dixit Florent Malouda, son déplacement en Italie. Loin de la pression qui entoure ce match de qualification à l'Euro 2008, le milieu de Chelsea s'attend à une toute autre ambiance, samedi à San Siro. Au menu : intimidation et défi physique. «Ils vont sûrement tenter de nous sortir de notre match», prévient-il.
Florent Malouda, ressentez beaucoup de pression autour de cette rencontre ?
Pour l'instant, on est au calme. On travaille dans la sérénité et on espère que ça sera pareil samedi sur le terrain. Maintenant, avec toutes les polémiques qu'il y a eues et notamment celle autour de la suspension du coach, tout le monde a conscience que c'est un match particulier. On a encore en tête l'engouement qu'il y avait eu lorsqu'on les avait reçus au match aller. Ça sera sûrement la même chose samedi, d'autant que les Italiens doivent refaire leur retard après la défaite qu'ils avaient subie au Stade de France. A nous de tout faire pour ne pas subir les évènements, en s'appuyant sur l'expérience de tout le monde. Ce qui est sûr, c'est que nous y allons avec de l'ambition.
Un match nul serait-il un bon résultat ?
C'est difficile de commencer un match en se disant : "Il faut jouer le nul". Ce n'est pas dans notre philosophie. Notre objectif, c'est la victoire. On sait qu'ils vont nous mettre la pression d'entré de jeu. A nous d'essayer d'apporter de la lucidité dans cette rencontre. A ce niveau-là, tout se joue sur des détails. Espérons qu'ils seront en notre faveur. En tout cas, on a anticipé tous les cas de figure.
C'est-à-dire ?
Par rapport au contexte, ils vont sûrement tenter de nous sortir de notre match, de nous faire déjouer en nous imposant un gros défi physique. Ça fait partie du jeu. A nous de ne pas tomber dans le piège et d'essayer de les prendre à leur propre jeu. Il y aura de l'intimidation et de l'engagement jusqu'à la fin.
La suspension de Raymond Domenech est-elle un handicap ?
Une fois qu'on sera sur le terrain, ça ne changera pas grand-chose. Après, pour nous, c'est une première. Je pense que l'UEFA n'a pas fait ça pour aider l'équipe de France... Maintenant, ça nous rajoute de la motivation pour aller gagner là-bas.
Quel sera le rôle de Pierre Mankowski ?
Il a un rôle un peu différent du sélectionneur, mais il est tout aussi impliqué que lui. En revanche, dans sa façon de faire passer les messages, il procède un peu différemment du coach. C'est quelqu'un qui aime bien aller parler aux joueurs individuellement. Après, tout le monde doit s'impliquer un peu plus que d'habitude pour éviter que les responsabilités ne lui reviennent exclusivement.
Dans quel système de jeu préféreriez-vous évoluer ? Avec une seule pointe ou bien deux ?
Personnellement, ça n'a pas beaucoup d'importance. Celui de la Coupe du monde, avec une seule pointe, a fait ses preuves. Mais changer de temps en temps ne fait pas de mal, même si, dans le système à deux attaquants, ça comporte un risque puisqu'on perd un milieu de terrain... De toute façon, ce qui fait la différence, ce n'est pas le système, mais l'animation offensive et notre capacité à bien récupérer le ballon. On est une équipe qui attaque et défend en nombre. Encore une fois, il faudra qu'on se soutienne les uns les autres.
Et, au niveau des Italiens. A quoi vous attendez-vous ?
On a visionné quelques vidéos pour bien se remettre en tête leur style de jeu. C'est une équipe compacte, prête à jaillir à tout moment. Ils sont capables de te laisser la maîtrise de la balle pour te faire croire que tu as la mainmise sur le match. Mais ils sont d'une efficacité redoutable.
De quel joueur italien vous méfiez-vous particulièrement ?
De Gattuso. Au milieu, c'est lui le patron. Il recadre tout le monde et joue un rôle important dans le schéma de jeu italien. C'est un petit peu l'équivalent de notre Claude Makelele. Il a l'étiquette d'un joueur qui met le bleu de chauffe, qui aime bien aller au contact physique, mail c'est avant tout quelqu'un de très intelligent tactiquement. Avec Pirlo, qui donne le tempo, ils forment la charnière centrale de cette équipe d'Italie.
Pensez-vous que l'état de forme des Italiens, qui viennent de reprendre leur Championnat, jouera un rôle important ?
Je ne sais pas où ils en sont, mais ce qui est sûr, c'est que nous, on est prêts. On va à San Siro avec humilité, mais aussi de l'ambition. C'est important de prendre le maximum de points en vu de la qualification. Plus tôt on l'aura, mieux ça sera !»