Domenech: "Les Italiens ont du talent"
Avant de s'envoler pour Milan, Raymond Domenech n'a rien laissé filtré vendredi à Clairefontaine de la composition de l'équipe qu'il a en tête pour affronter l'Italie, samedi soir (20h50). Le sélectionneur national, qui a tout de même confirmé le forfait de William Gallas et la quasi-certitude de la titularisation de Patrick Vieira, a insisté sur la qualité intrinsèque de l'équipe italienne, championne du monde en titre, et sur la concentration extrême dont les Bleus devront faire preuve.
«Raymond Domenech, avez-vous en tête l'équipe qui va débuter ?
Oui, mais il reste encore une journée. Le forfait de Gallas lève une incertitude sur la composition d'équipe. Mais tant que l'on n'a pas commencé le match, tout peut évoluer.
Coupet, Sagnol et Gallas sont blessés. N'est-ce pas une grande source d'inquiétude ?
Le jour où on m'entendra dire que ceux qui sont sur la pelouse sont moins bons que ceux qui auraient pu jouer n'est pas arrivé. Ceux qui jouent doivent être les meilleurs du monde pour le match, c'est tout.
Quelle absence va-t-elle peser le plus ? La vôtre ou celle de Materazzi ?
Le poids que j'ai dans le match, il est minime. Après, je ne veux pas faire injure à celui qui va remplacer Materazzi, qui est forcément un bon joueur. L'avantage avec Materazzi, c'est que je cours plus vite que lui en ce moment. Non, ne l'écrivez pas ça... Il leur manque des joueurs, il nous manque des joueurs aussi. Je m'occupe peu de l'équipe adverse et des soucis de leur entraîneur. J'en ai assez de mon côté. Cela ne me concerne pas.
Comment vivez-vous l'absence de Nesta, qui n'a pas souhaité revenir en sélection ?
Just Fontaine non plus, n'a pas souhaité revenir.
Le match France - Argentine en ouverture de la Coupe du monde vous libère-t-il d'un peu de pression médiatique ?
L'avantage, quand on est en stage, c'est qu'à part les points presse, on a peu de contacts avec l'extérieur. Je ne crois pas que les joueurs courent après l'information. Et notre boulot, c'est justement de les ancrer dans un match. Et pas dans des avant-matches...
Quelle importance accordez-vous à la défaite amicale de l'Italie en Hongrie (1-3, le 22 août) ?
Ce résultat n'a strictement aucun sens. C'était un match de préparation. Il ne veut strictement rien dire du tout, j'insiste. Au contraire, il aura peut-être inquiété les Italiens et ils vont resserrer les coudes. Je n'avais pas besoin de ce match pour juger cette équipe.
Qu'est ce qui peut faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre ?
Il y a la forme du moment, l'endurance, la cohésion, l'ambiance. Il faudra garder ses idées jusqu'au bout et avoir les nerfs les plus solides. Il y a tout ce qui fait un grand match. Les équipes sont tellement proches l'une de l'autre. Ça peut basculer sur un rien.
Que craignez-vous le plus de cette équipe ?
La qualité de cette équipe. Les Italiens ont du talent. On a tout à craindre d'un adversaire de ce niveau-là. Pour ceux qui l'auraient oublié, ils sont champions du monde. On les connaît mais ils nous connaissent aussi.
Quelle est l'idée que vous devez garder jusqu'au bout ?
C'est qu'avec les Italiens, le match n'est jamais fini. Et tout peut basculer à n'importe quel moment. Même quand on croit être bien, c'est peut-être là où il faut être le plus vigilant. C'est avant tout de la concentration. Il faut l'être le plus longtemps possible.
En raison de votre suspension, avez-vous densifié vos discours ?
Non. J'ai eu cette expérience quand j'étais joueur et je sais qu'il y a vite saturation. Les discours qui durent une heure et qui rabâchent tout ne sont pas très utiles.
Qui décidera des changements ?
Ce qui est prévisible, on en a parlé. Le reste... Comme je l'ai déjà dit, il y a la transmission de pensée.
Que retenez-vous de cette longue période pré-match ?
J'espère simplement que les histoires entre la France et l'Italie ne sont pas terminées et, qu'à l'Euro, on pourra continuer... à faire du folklore ! On ne peut pas enlever ça. J'ai connu Lyon - Saint-Etienne, c'était un peu ça. C'est bien qu'il y ait des rivalités entre les grandes équipes. J'espère que ça continuera longtemps, longtemps... Pour les deux football.
Que considéreriez-vous comme un bon résultat ?
Ça dépendra aussi des résultats des autres. Bon, zéro point, ce serait dramatique. Un, très dangereux. Trois, tout dépend de l'adversaire contre lequel on les prend. A partir de quatre, ça devient intéressant. Six, ce serait parfait. »