Henry décevant
Le 41eme but de Thierry Henry ne sera pas marqué à Milan. Ni au Parc des Princes, suspension face à l’Ecosse oblige. Il faudra sans doute attendre la Lituanie pour rejoindre Platini dans les annales, voire pour le dépasser. Ce sera à Nantes. Et en cas de succès face à l'Ecosse mercredi, les Bleus auront sans doute à cœur d'aider le Barcelonais à battre le record de l'ancien chef des Bleus. A San Siro, il n'était pas encore l'heure de parler Guiness Book. Le but était de « ne pas perdre voire de gagner », selon Henry. Dans la moiteur de la zone d'interview de Giuseppe-Meazza, pendant que Marco Materazzi s'éclipse un peu plus loin sans croiser les Bleus, Henry a expliqué le pourquoi d'une pâle performance offensive.
Si les Bleus jouaient avec deux pointes, ce n'était pas pour marquer. Mais pour bloquer la relance italienne et surtout éviter que Pirlo, qui avait fait tant de mal aux Français à Berlin en 2006, ne trouve ses attaquants et ne donne le rythme à sa formation avec son pied droit magique. « En attaque, nous avons eu à faire un travail énorme avec Nicolas pour bloquer Pirlo, explique Titi. A la fin du match, il est parti s'excentrer sur notre coté droit pour toucher les ballons parce qu'au milieu, ce n'était pas évident. S'il nous passait, derrière il y avait Vieira et Makelele pour l'empêcher de jouer. On savait que le danger viendrait de là et chaque fois qu'on l'a laissé jouer un peu, il y a eu quelque chose. » Une tactique que confirme Nicolas Anelka, lui aussi auteur d'un gros pressing.
Du coup, Henry a défendu et a commis beaucoup de fautes pour couper les défenseurs italiens de leur meneur de jeu. Et à force d'être dans les mauvais coups, l'ex-attaquant des Gunners a pris un carton jaune, le deuxième de ces éliminatoires qui le privera de Parc des Princes et de match contre l'Ecosse. Un match décisif où cette fois, les Bleus devront marquer puisqu'ils doivent gagner après le revers en Grande-Bretagne l'an passé. Henry espère que ses partenaires gagneront ce match pour que son « sacrifice » défensif de Milan ait une signification : « Il fallait ne pas perdre et ensuite essayer de gagner. Mais ce n'était pas évident. On s'est contenté du nul. Mais c'est déterminant. Etait-ce important de les accrocher chez eux ? Oui, si tu es qualifié à la fin… Pour l'instant, il y a l'Ecosse. » Déçu et agacé, Henry quittait alors le stade sur un aveu :
« C'est un match au final qui ne restera pas dans les annales. » Le deuxième buteur des Bleus ne retiendra donc que le résultat. « On a fait ce qu'on nous a demandé. Et c'est le plus important. »