Le personnage Domenech
Le cas dit des "amis lyonnais"
S'il est un trait de caractère du Raymond qui est particulièrement saillant, c'est bien celui de sa fidélité en amitié. Alors oui, la proportion de joueurs issus de l'effectif lyonnais est importante. Rappelons qu'il a été entraîneur de ce club et qu'il y garde toujours un certain attachement. A l'heure actuelle, 6 joueurs sur 23 font partis de la sélection contre l'Ukraine: Benzema, Ben Arfa, Squillacci, Toulalan, Clerc, Govou. Autant les 4 premiers ne souffrent d'aucun manque de légitimité (tant par leur talent que leur place "historique" dans l'équipe), autant les deux derniers focalisent encore toutes les critiques. Pourquoi préférer un Govou à un Giuly, qui a bien su gérer son arrivée à l'AS Rome et qui semble encore loin de la retraite ? Toutefois ce type d'interrogation peut être tempéré par les très bonnes performances réalisées par Sidney à l'OL depuis le début de saison. Le cas plus délicat reste celui de François Clerc. Plus titularisé par Alain Perrin, auteur de prestations dignes d'une pantoufle qui ont attiré sur lui les foudres de tous les médias, dépassé par un Antony Réveillère bien plus rassurant défensivement et beaucoup plus percutant, le jeune lyonnais est loin de confirmer le potentiel auquel il pouvait prétendre il y deux ans. Pourquoi dans ce cas ne pas sélectionner (comme j'ai pu le lire ici ou ailleurs) un Laurent Bonnart, impeccable taulier des couloirs droit et gauche de Marseille ? Le Raymond, bien qu'attachant reste souvent encore trop déroutant, et donne aussi de l'eau au moulin de ceux qui ne voient en lui qu'un éternel illuminé féru d'astrologie.
Le cas Trezeguet
David Trezeguet est peut-être la malédiction du Raymond, son mauvais génie, le choix que beaucoup ne lui pardonneront jamais. Comment assumer d'écarter un joueur emblématique de l'équipe de France tel Trezeguet sans encourrir les foudres d'une bonne fraction des amateurs du ballon rond ? Car au moment où il choisit de le faire, on assiste à la résurrection du bombardier du stadio Olympico, moribond en série B l'année dernière. Devant l'énorme concurrence d'un Del Pierro ou d'un Iaquinta, David fait taire les critiques et s'impose déjà comme le meilleur buteur de série A. Alors on opposera le fait que le système de la Juve n'est pas celui de l'équipe de France (enfin celui du Raymond plus exactement), que tous les turinois orientent le jeu vers David mais faut-il être enferré dans ses convictions pour se passer sèchement d'un joueur qu'il aurait suffi de maintenir sur le banc pour calmer une partie de l'opinion. Le Raymond, quoiqu'il en soit sait faire des choix et montre qu'il en a dans le pantalon.
Face à tant de contradictions, nul doute que le Raymond saura encore surprendre son monde dans sa sélection finale de l'Euro et saura donner le bâton pour se faire battre à toute la presse et à 60 millions de sélectionneurs. Courage Raymond..