Les Bleus ont craqué
Rapidement privés de Torres (sorti sur blessure à la 24e), les Espagnols ne démontraient pas leur volonté affirmée de revanche suite au 1/8e de finale perdu contre la France de Zidane lors du Mondial 2006 (1-3). Cependant, la médiocrité de l'Espagne ne propulsait pas le niveau de jeu français à des sommets. Loin de là. Et ce, bien qu'Anelka se soit démené en vain aux avant-postes. Le hic c'est que la France semblait décidée à démontrer sa solidité défensive, ce qu'elle fit, aux dépens de l'animation. Il faudrait comptabiliser les hors-jeu pour trouver des opportunités françaises en première mi-temps.
Sorti à la pause, Thuram cédait sa place en même temps qu'une partie de la stabilité défensive tricolore. Mais c'est encore sur coup-franc que l'Espagne illustrait sa domination territoriale lorsque Villa percutait le poteau d'un tir enroulé (57e). Les joueurs d'Aragones dominaient stérilement les débats jusqu'à imposer quelques phases de jeu chaudes dans la surface de Coupet. Celui-ci devait d'ailleurs s'incliner devant Capdevila, profitant d'un tir repoussé par Diarra sur la ligne pour placer le ballon au fond des filets (80e, 1-0). Auparavant, Escudé avait manqué d'ouvrir en premier la marque sur corner (73e). Menés, les Bleus -en rouge ce soir- haussaient enfin le ton. A la réception d'un centre de Sagnol, Benzema trouvait la transversale avant de voir Henry se fourvoyer devant le but vide (90e). De quoi nourrir des regrets à la vue de l'aptitude française à montrer les dents avec un surplus d'entrain.
De quoi aussi susciter quelques interrogations après la parodie de football aperçue la veille à Marbella lors de la prestation des A' face au Congo (0-0). Avec près de trente joueurs aperçus en deux jours, la réflexion de Domenech pour la liste des 23 n'a guère plus avancé. Au delà des hommes, c'est aussi et surtout le jeu qu'il faudra revoir après deux sorties plutôt inquiétantes de la part des A en Ukraine (2-2) puis en Espagne (0-1). Un équilibre entre une volonté d'attaquer et rester solide derrière devra être trouvé si la France veut se montrer ambitieuse lors de l'Euro 2008 alors qu'un groupe délicat l'attend d'entrée.