Plus qu’un match amical pour Beckham et Trezeguet
Reste à se mettre d’accord sur le sacrifié. Le camp anglais a son candidat : David Beckham, alias «Beck», alias - mais là, ça remonte - le «Spice Boy», un abus de langage pour celui dont le jeu fut toujours si peu épicé. Ce soir, l’enfant de Leytonstone fêtera sa 100e cape, un honneur dont on ne sait s’il faut l’interpréter comme un hommage, une récompense ou un coup marketing.
Sinon, c’est peut-être le candidat du camp français qui sera le dindon de la farce : le juventino David Trezeguet, meilleur buteur du championnat italien (un 17e but ce week-end pour lessiver l’Inter Milan, leader du Calcio) et meilleur réalisateur des Bleus si l’on rapporte le nombre de buts inscrits au nombre de sélections : 0,485 pour lui, 0,45 pour Thierry Henry, son fossoyeur en équipe de France.
Résumons : Domenech n’a rien contre Trezeguet mais bon, il privilégiera Henry à tous les coups. Et le Barcelonais n’est pas Trezeguet-compatible, c’est pour ça qu’Henry prend régulièrement - ce fut le cas lors de l’Euro portugais en 2004 ou le Mondial allemand de 2006 - la peine de dauber son «ami», histoire de bien se faire comprendre. Ensuite, sur le terrain, le Turinois transbahute quelque chose de cette sensualité délicate et sucrée qu’il dégage quand il s’exprime : il lui faut un écrin. C’est-à-dire des ailiers qui étirent la défense adverse pour lui donner de l’espace, des giboulées de centre au deuxième poteau et un compère d’attaque qui ne vient pas lui baver sur les rouleaux dans la surface de réparation, là où Trezeguet plante son tipi. Sur les quatre places d’attaquants disponibles à l’Euro, Henry, Karim Benzema et Nicolas Anelka en ont pris trois. Reste Djibril Cissé. Ou Trezeguet, débarrassé d’Henry ce soir face à l’Angleterre.