Govou en faveur de la continuité
À l'approche du conseil fédéral du 3 juillet, qui tranchera l'avenir du sélectionneur, les pro-Domenech sont de plus en plus nombreux à se faire connaître. Après Patrick Vieira, Willy Sagnol ou encore Franck Ribéry, Sidney Govou se prononce en faveur de la continuité et fait savoir qu'il trouve peu honnêtes les interventions de la génération 1998 pour un changement de tête. «Pour moi, il (Domenech) doit rester, affirme le milieu de l'OL, que nous avons joint au téléphone. Il n'a rien à se reprocher. Les premiers coupables, ce sont les joueurs. On n'a pas su faire ce qu'il fallait pour se qualifier». Le lobbying en faveur de la nomination de Didier Deschamps lui semble, dans ces conditions, déplacé. «Je regrette que d'anciens joueurs lui jettent la pierre. Ils devraient savoir que, parfois, même avec un état d'esprit irréprochable et de l'envie, on se retrouve sans solution sur le terrain. Il faut se poser les bonnes questions».
De cet «échec, qui prendra du temps à être digéré», Govou retient que ce qui a marché lors de la Coupe du monde 2006 ne peut pas être la cause du fiasco de 2008. «Actuellement, il y a un débat sur les choix tactiques, mais il ne faut pas oublier que depuis quatre ans, tout se passe très bien, assure-t-il On ne peut pas effacer en une compétition tout ce qui a pu être fait par le passé. On aurait pu jouer dans n'importe quel système, ça n'aurait rien changé. Aujourd'hui, on a d'autant plus de regrets que ce groupe a un potentiel extraordinaire. Même maintenant, j'ai encore du mal à comprendre comment on a pu en arriver là.» La présumée ''mauvaise ambiance'' qui régnait dans le vestiaire est-elle une explication possible? «Non. Il y a eu des discussions, mais pas de tension». Il confirme au passage la version de Patrick Vieira sur la vidéo montrant un début d'altercation entre le capitaine des Bleus et Patrice Evra. «J'étais là. C'était à cause de quelqu'un qui était en tribunes».
Pour mieux comprendre les raisons de l'élimination, Govou refait sienne la rhétorique de Domenech. «Ça reste des choix, pas des erreurs». La mauvaise prestation fournie contre la Roumanie (0-0) lui semble plus déterminante à ses yeux. «Contre les Pays-Bas et l'Italie, on a eu des circonstances de jeu défavorables. Mais sur le premier match, on ne peut rien dire. C'est celui qui laisse le plus de regrets car si on avait gagné, toutes les discussions autour de Domenech n'auraient pas eu lieu». Govou est convaincu que l'équipe de France restera «dans la continuité». «La rupture, c'était en 2004. Là, même si quelqu'un d'autre est nommé, je le vois mal différer du travail qui a déjà été fait. Il ne va quand même pas inventer de nouveaux joueurs.»