Tout se joue aujourd'hui
Zurich, 17 juin. C'était un drôle d'endroit pour une demande en mariage. Paris, siège de la FFF, 3 juillet. Ce pourrait être un drôle d'endroit pour un divorce. Celui de la Fédération française de football et du sélectionneur de l'équipe de France.
A l'occasion du conseil fédéral qui se tient mardi 3 juillet, en présence de ses 21 membres, Raymond Domenech viendra y défendre son bilan de l'Euro. Pas brillant. Mais si au lendemain de l'élimination du championnat d'Europe, de nombreuses voix ont demandé la mise au rencard du sélectionneur, quelques ténors ou poids lourds du football ont, depuis quelques heures, apporté leur soutien au patron des Bleus. Au terme de cette réunion, il est fort probable que le sort du sélectionneur soit soumis à un vote. Jeudi, l'équipe de France pourrait changer de sélectionneur. Parce que Raymond Domenech a échoué.
Tout seul ? Certainement pas. L'Euro ce sont d'abord des joueurs. Peu convaincants. Et aussi un staff. Conséquent. Enfin des dirigeants influents ou conciliants. Mais tous ont toujours suivi la politique fédérale et le sillon tracé par Raymond Domenech. De cet échec collectif, le sélectionneur est jugé responsable. Par les supporters déçus. Par les fans frustrés. Par la génération 98, à qui tout a souri. Parce que comme toujours "c'était mieux avant. "
Jean-Pierre Escalettes, président de la fédération, s'est donné le temps de la réflexion. Avec les 20 autres membres du conseil fédéral, il devra choisir. En votant. Peut-être même à bulletin secret. C'est dire si, les avis sont partagés. Et pas seulement au sein du conseil fédéral. Mais aussi dans tout ce que le football possède de réseaux d'influence, d'intérêt. Il reste deux années avant la prochaine Coupe du monde. Il reste deux années de contrat à Raymond Domenech. Le choix est simple. Il reste et poursuit la politique décidée depuis plusieurs années. Ou on le remplace. Mais vite alors !