Del Piero: "Dans cinq ans, Giovinco sera à ma place"

Publié le par Miss Lili

Auteur d'une année 2008 exceptionnelle, Alessandro Del Piero s'est confié, dans une longue interview, au journal 'La Stampa'. Il a notamment évoqué cette nouvelle Juve, le championnat avec la concurrence de l'Inter ou le retour prochain de David Trezeguet.

Voici les principaux passages:

Nous partons de sa révérence au public du Stade Santiago Bernabeu qui l'a applaudi, debout, à sa sortie du terrain face au Real Madrid...
"Oui, c'est l'image de mon année 2008, l'épisode le plus émouvant et le plus significatif. Et comme il s'agit d'un hommage qu'il a réservé à très peu de grands footballeurs, je m'en souviendrai toute ma vie."

Au cours de ces quinze dernières années, un tel amour ne fut porté que par les juventini, tout à coup, vous plaisez presque à tous. Que s'est-il passé?
"Je crois que tout le monde a vu l'amour et l'engagement que j'ai démontré dans les moments difficiles et dans certains choix. Cela n'a pas payé immédiatement mais au fil du temps, les gens m'ont apprécié et m'ont même aidés durant ces années magnifiques: deux fois capocannoniere, certains buts déclenchent la fantaisie."

Par exemple, les coups-francs?
"Exactement, quand beaucoup de gens pensent 'ne nous la refais pas' et que tu le refais de nouveau alors vous répondez à une attente."


Cobolli Gigli a dit qu'il vous laisserait la présidence de la Juve puis il a dit qu'il vous verrait bien entraîneur. Où est la vérité?
"Je ne crois pas qu'il ait vraiment dit ainsi. Je ne sais pas ce que je ferais, je n'y pense pas. Ne me verriez-vous pas entraîner?"


Seule l'Inter est devant la Juve, est-ce une situation définitive?
"Je ne le pense pas. Le Milan, par exemple, a subi comme nous les périodes négatives des blessures mais il est toujours dans la course."

Nous voulions savoir si le fait que l'Inter soit devant est définitif.
"L'Inter, par rapport à nous ou au Milan a eu un avantage: le staff technique a changé mais au fond, l'équipe est restée la même que lors des années Mancini."

Et c'est la seule équipe qui s'est avérée supérieure à la Juve.
"Dans cette partie que nous avons perdu à San Siro, elle l'a été."

Mancini dit que la force de l'Inter est dans la sûreté que les joueurs ont appris à gagner, un peu comme l'ancienne Juve. Etes-vous d'accord avec cela?
"La faim de victoire est un aspect important, je ne sais pas si ils sont comme nous l'étions et ça ne m'intéresse pas. Si la Juve s'occupe trop de l'Inter, elle se perdra de vue."

Autrefois, lorsque vous gagniez arrivaient des 'flèches empoisonnées' de l'Inter. Aujourd'hui, lorsque l'Inter gagne, la Juve se tait. Vous a-t-on défendu d'envoyer ces 'flèches'?
"La société a fait un choix clair: ne pas parler des arbitres et ne pas entrer dans des grandes polémiques. Je vois qu'il y en a qui se plaignent comme avant, mais pour nous c'est ainsi."

Ibrahimovic était moins décisif avec la Juve?
"Il a bien fait avec nous et il a évolué."

S'il y avait un joueur de votre passé avec qui vous voudriez jouer de nouveau...
"Certainement Zidane."


Les deux dernières années ont été compliquées. Vous n'avez jamais craint que la structure de la nouvelle Juve ne soit pas suffisante pour la relancer?
"Sans la confiance dans les capacités de travail des autres, tu ne peux pas t'exprimer au maximum et je n'avais aucun doute qur le fait que nous serions arrivés à ce pont et dans les temps."

La Juve est différente de ce que nous avions pensé. Certaines blessures ont repêché Chiellini et Legrottaglie qui devaient s'en aller et il y a un milieu de terrain différent avec l'acquisition de Poulsen. En somme, quelle est la part du hasard?
"On ne peut pas tout planifier. Il y a un projet qui peut subir des modifications en cours et il faut l'intelligence et la volonté pour les adopter. Nous avons le mérite de l'avoir fait."

Paradoxalement, l'équilibre de la Juve est venu de ses absences. Qu'adviendra-t-il du retour de Trezeguet?
"Cela ne déséquilibrera pas l'équipe, ce n'est pas la première fois qu'il y aura des alternatives avec 3 ou 4 hommes, et pas seulement en attaque. Nous recevrons une pointe de caractère et d'envie en plus. Au retour de David sur le terrain, nous aurons beaucoup d'objectifs y compris la Coupe d'Italie où nous aurons besoin de la contribution de tous."

La Coupe d'Italie est un détail. La Ligue des Champions toujours un rêve?
"Oui, on s'en approche pas à pas. Le premier est Chelsea, ce sera très risqué. Cependant, je préfère un adversaire de prestige qui t'oblige à une concentration maximale plutôt que le Sporting Lisbonne que beaucoup autour de nous auraient abordé avec suffisance et donc de la mauvaise manière."

L'impression est que vous, comme Buffon, Nedved ou Camoranesi, après avoir choisi de rester en série B, vous vous sentez comme 'copropriétaire' de la Juve. Est-ce ainsi?
"Je possède quelques actions mais pas assez pour pariticper aux décisions. De toute façon, ce qui nous est arrivé, nous a rapprochés du monde de la Juve et nous avons l'impression d'en constituer une partie."

Donc vous n'entrez pas dans les décisions?
"Peut-être que l'on nous demande un avis, une réflexion. D'arriver plus tôt. Parfois."

Giovinco est sincère ou il se plie quand il dit qu'il apprend tout de vous?
"Il n'a aucune raison de se plier. Dans cinq ans, je ne serais plus là et Giovinco sera à ma place: le futur est le sien comme celui de Marchisio ou De Ceglie."

Les plus âgés cependant tendent à défendre les positions sur le travail. Ce n'est pas que bénéfique, ne pensez-vous pas que cela 'scie ' les jambes de ceux qui ambitionnent de prendre votre place?
"Je ne suis pas parfait. J'ai l'envie comme tous. Il s'agit d'une guerre qui ne m'intéresse pas. Si les jeunes, en me regardant, peuvent croître je suis content. Je ne suis pas le type qui se met à enseigner un geste ou un coup comme, d'après ce que j'ai lu, faisait Maradona avec Zola. Mais, sur le terrain, je parle et je conseille. Il suffit juste de m'écouter."

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