Domenech, tout un art
Raymond Domenech réussit à semer le trouble : on vous fait grâce des dizaines de déclarations contradictoires du coach aux tempes grisonnantes, ce serait un festival. Ainsi, après avoir dit qu’il ne cacherait pas sa composition d’équipe contre la Suisse, ces derniers jours, il fait le contraire. S’il soutient Patrick Vieira contre vents et marée, le sélectionneur le fait avec un sourire en coin, conscient du problème, mais surtout soucieux d’appuyer un homme important au sein du groupe, comme il l’a rappelé.
Après s’être éloigné des joueurs au début de sa prise de fonction et avoir été très proches des médias, Raymond Domenech a changé la donne. Il enfume la presse lors des conférences, d’explications alambiquées en dissertations douteuses. En écoutant le sélectionneur des Bleus, il y a donc à boire et à manger, mais guère d’information. En agissant ainsi, en arrivant en retard, tel Jose Mourinho, Raymond Domenech a endossé devant les médias la tenue du paratonnerre, prêt à recevoir tous les éclairs pour protéger les bambins du groupe France.
Un journaliste allemand, ne maîtrisant pas la langue de Molière, s’étonnait samedi à Hameln. « Il a l’air sympa votre gars » plaisantait-il. « Souriant, il vous fait rire, c’est sympa. » Regard interloqué de deux confrères se demandant quoi écrire après la prestation du comédien Domenech. Samedi, il nous a joué « Le maître d’école. » « Lors des trois matchs de préparations, nous avons produit des brouillons. Face à la Suisse, il faudra rendre une copie propre, avec la marge où il faut, et en plus il faudra avoir une bonne note. » Sinon, ce sera Domenech au piquet mais sans heure de retenue !
Ecrit d'un envoyé spécial en Allemagne