Henry : "Je me sens seul"
T.H. : Physiquement, à la fin, c'est vrai que ça été difficile. En première mi-temps, ça a été. Mais, passé l'heure de jeu, c'est devenu difficile. C'est à partir de ce moment qu'on a vu les Suisses reprendre le ballon et commencer à jouer. Ils avaient d'ailleurs un peu plus de temps pour jouer car les efforts ont été beaucoup plus difficiles à faire pour jouer.
THIERRY HENRY, on a l'impression que vous avez souffert physiquement face à la Suisse... (sans doute besoin d'un autre attaquant pour l'épauler devant et être efficace pendant 90 minutes: Trezeguet?)
C'est sur la fraîcheur physique que c'est joué ce match ?

T.H. : Si on avait pu continuer à faire ce qu'on a fait pendant une heure, c'est-à-dire les empêcher de jouer, les forcer à jouer long et récupérer les ballons haut, on aurait pu en bénéficier dans les 30 dernières minutes. En général, tu fatigues une équipe et c'est à ce moment que tu peux profiter de ton travail. Mais c'est vrai qu'on a un peu cédé sur le plan physique. Ça n'a pas été évident. Notre deuxième match (contre la Corée du Sud) se joue à 21h00. J'espère que ce sera mieux sur le plan physique. Il n'y aura pas le soleil pour nous taper sur la tête.
On ne vous sent pas très inquiet...
T.H. : Je suis obligé de positiver. C'est tout à fait normal. Quand vous me posez des questions comme ça, je suis bien obligé de positiver. C'est comme ça que je suis. Tout le monde vous le dira : même à la fin d'un bon match, ce qui me reste en tête c'est ce qui s'est bien passé. Donc je ne vais pas non plus vous dire que tout s'est bien passé. On est conscient qu'il y a des problèmes. Mais on est obligé de positiver.
Faut-il reconduire ce système en 4-5-1 ?

T.H. : Dans ce système là, je pense qu'on défend mieux. Mais il va falloir trouver le juste milieu pour bien attaquer après Nous sommes arrivés à récupérer le ballon plus haut de par notre placement devant. Ce sont des choses qu'on avait du mal à faire en matches de préparation. Si les gars (Vieira et Makelele) ont pu récupérer des ballons plus facilement, c'est d'abord parti de nous les attaquants.
A titre personnel, comment vous-êtes vous senti seul en pointe ?
T.H. : J'ai essayé de faire des appels en profondeur mais passé l'heure de jeu j'ai eu du mal à refaire ces mêmes appels, il y avait un mur devant moi... Je ne sais pas si je pourrai faire toute la Coupe du monde tout seul devant. Il faut que je fasse beaucoup d'appels de balles pour qu'on se procure des occasions mais à un moment donné quand je partais, j'avais un sentiment de solitude.
Vous manquiez de soutien ?

T.H. : Contre la Suisse, quand il fallait partir attaquer, il y avait juste Zizou qui était là et un peu Sylvain (Wiltord) qui arrivait à la fin. Zizou m'a beaucoup cherché mais c'était lui qui devait revenir en soutien des balles qu'il m'envoyait et ce n'était vraiment pas évident de faire tous ces efforts (à cause de la chaleur, ndlr). J'aime aller vite et, quand la balle part, j'essaie d'accélérer. Je pourrais aussi temporiser pour laisser remonter le bloc équipe mais ça voudrait dire que les adversaires se replacent aussi. A des moments, l'attaquant doit temporiser et ça peut tuer le mouvement.
Qu'avez-vous pensé du match de Franck Ribéry ?
T.H. : Quand tu arrives en sélection, ce n'est jamais évident de faire bon match. Franck a quand même montré des bonnes choses. Il est jeune, il ne faut pas tout lui mettre sur les épaules. Si sur cette action (à la 37e minute), il me donne le ballon et que je marque, on aurait entendu "Ribéry ci" et "Ribéry ça". Une passe un peu plus devant ou un peu plus devant, ça aurait changé les critiques le lendemain. Il n'a pas fait exprès de la mettre derrière. Le centre est un peu raté, ça n'a rien à avoir avec la tactique. Ce que je veux dire, c'est que son envie était là. Il est allé vers l'avant, il a provoqué. Ensuite, ça a été difficile de trouver son second souffle, croyez-moi. C'était aussi le début pour lui. Mais il a apporté ce qu'on attendait de lui.
Ne serait-il pas plus à l'aise dans un rôle de joker ?

T.H. : Alors là, je suis obligé de rigoler ! Vous (les journalistes) avez voulu qu'il joue et maintenant vous voulez qu'il soit encore joker. Et quand il va être de nouveau joker, il va faire la misère et vous allez demander qu'il joue... Mais de toute façon, il y a un coach qui est là. C'est au coach de juger s'il doit avoir sa chance ou pas (au prochain match). Moi je ne sais pas. Et s'il ne joue pas le prochain match, je pense qu'il fera ce qu'il à faire quand il va rentrer.