La France a dansé la Samba
Au lendemain de la victoire contre le Brésil (1-0), la presse ne tarit pas d’éloges sur la performance des Bleus. Les journaux dominicaux reviennent en particulier sur les exploits de Zinédine Zidane et la fête qui a suivi partout en France.
On a eu peur de ne plus revivre ces moments de bonheur aussi rares qu’intenses. Huit ans après la Coupe du Monde 1998, les Bleus ont remis le feu samedi soir à un pays encore frustré par les échecs de 2002 et 2004. Quatre jours après avoir triomphé de l’Espagne, les joueurs de Raymond Domenech ont terrassé le Brésil (1-0). Un exploit salué bien évidemment, ce dimanche, par la presse française heureuse de retrouver des adjectifs disparus depuis longtemps. « Magique » titre L’Equipe en une avec une photo de Zinédine Zidane et de Patrick Viera, aux anges. « Trop fort » lance Le Parisien-Aujourd’hui en France. « Ils l’ont fait » pour le Journal du Dimanche. Oubliés les matchs de poule en demi-teinte contre la Suisse, la Corée du Sud et le Togo, voilà la France dans le dernier carré de ce Mondial. Et Zidane assuré de disputer encore deux matchs avant de raccrocher les crampons.
Largement critiqué il y a encore quelques jours, le numéro 10 des Bleus a été le grand artisan de ce succès contre les champions du monde en titre. La presse dominicale lui rend d’ailleurs largement hommage. « Du très grand Zidane », reconnaît L’Equipe. « Le meneur a éclaboussé le match de sa classe et son génie avec une constance irremplaçable. Il était bien revenu pour gagner la Coupe du monde 2006 ! La certitude a éclaté en très grand hier soir. Zinédine Zidane a joué le match le plus accompli de sa carrière en Coupe du monde » Pour Le Parisien, « Le Brésilien, c’était Zizou ». « Le maestro a livré un récital face au Brésil » ajoute Arnaud Ramsay dans le JDD où l’ancien Madrilène reçoit un joli (et mérité) 9 sur 10. « En bon capitaine, il a montré l’exemple. Des gestes de classe, de la vista et un coup d’accélérateur dans la défense brésilienne. »
Des exploits longuement célébrés par les supporters de l’équipe de France. Plus de 500 000 personnes se sont, comme en 1998, naturellement retrouvées dans les rues de Paris pour fêter cette soirée magique. « Et une marée tricolore déferle sur les Champs-Élysées » note le Parisien avec des images de liesse à vous donner des frissons. « Les Champs sont rallumés » pour L’Equipe. Peut-être trop même. Car c’est bien là le seul bémol de cette soirée inoubliable. « A 1h15 de violents incidents éclatent » relate Le Parisien qui évoque le comportement de quelques jeunes casseurs. Ailleurs, la fête est belle. Des Ulis, la cité de Thierry Henry, au stade Charléty, où 30 000 personnes étaient rassemblées, en passant par Marseille, Toulouse ou même le Teknival à Vannes, c’est toute la France qui a dansé la samba.
La presse brésilienne appelait d’ailleurs de ses vœux cette revanche dès la fin des 8es de finale. Ce dimanche, la chute n’en est donc que plus brutale. «Le Brésil a encore tremblé devant la France», titre O Globo sur son site internet. La version papier du quotidien est encore plus cruelle en affirmant que «la France a liquidé le Brésil.»
«Fin du rêve», estime pour sa part O Dia qui ajoute qu’il n’y a pas eu «de revanche, ni de spectacle» pour le Brésil. «La France fait une nouvelle fois pleurer le Brésil», poursuit le quotidien en ligne pour qui «le Brésil a joué un football médiocre et a offert la qualification sur un plateau aux Français.» «C’est la fin d’une génération», avance-t-il encore en précisant que «la France a dominé le jeu en montrant sa classe et son expérience.» «L’histoire se répète» pour le Diario de Sao Paulo. «Apathique sur le terrain, le Brésil revit l’échec de 1998, perd contre la France 1-0 et dit adieu à son rêve de 6e titre.» Même déception dans les colonnes du Correio Braziliense. Comme pour ses petits camarades, le journal brésilien attribue grandement l’élimination de la Seleçao à la piètre performance des joueurs de Carlos Alberto Parreira. «Après un mauvais match, les Brésiliens s’inclinent 1-0 contre des Français conduits par Zidane et revivent la frustration de 1998», peut-on lire sur le site web du quotidien.
L’hommage à Zizou
Mais si la presse brésilienne est unanime pour critiquer la performance de son équipe, elle l’est également pour saluer le talent de Zinédine Zidane. Reprenant quelque peu les propos de la presse espagnole qui voulait mettre Zizou à la retraite avant le choc Espagne-France en 8es de finale, le Diario de Sao Paulo explique que «Zidane a mis les vétérans de la Seleçao à la retraite.» «Zidane donne une leçon de football et enterre les rêves de sixième titre brésilien», admet la Folha de Sao Paulo. «Et Zidane nous a vaincu…», écrit pour sa part Ivan Iunes du Correioweb. Enfin quel plus bel hommage pouvait espérer le meneur de jeu des Bleus que celui de Pelé. Dans les colonnes d’O Globo, le mythique numéro 10 auriverde, qui critique vertement la passivité de la défense brésilienne sur le but d’Henry, affirme que «Zidane a été le chef d’orchestre» de la partie.