Il faut tout de même se méfier!
Les faiblesses de l’équipe de France
Une attaque en suspens
Hormis contre l’Espagne, la France a jusqu’ici montré un visage plutôt timide sur le front offensif. Aucun but contre la Suisse, très peu d’opportunités contre la Corée, d’importantes vendanges contre le Togo et quelques contres incisifs contre le Brésil. Voici comment on pourrait résumer les différentes prestations françaises depuis le début de ce Mondial. A croire que si le retour au 4-2-3-1 a fait le bonheur de l’assise défensive et d’un certain Patrick Vieira, le passage a une seule pointe devant n’a fait qu’amplifier les difficultés d’un Thierry Henry certes décisif, mais souvent abandonné à son triste sort lorsque Zidane, Ribéry ou Vieira ne viennent pas lui prêter main forte. Principal accusé : Florent Malouda. Impeccable dans son replacement face à Ronaldinho, qu’il a en grande partie contribué à museler, le Lyonnais n’a en revanche montré que quelques bribes de son formidable pouvoir de perforation sur son couloir gauche. Du coup, le jeu tricolore s’oriente par moment exagérément sur la droite, même si le penchant naturel de Zidane se trouve de l’autre côté et que les montées d’Abidal permettent un certain rééquilibrage. Surtout, Malouda inquiète par la faible qualité de ses centres qu’Henry voit souvent passer plusieurs mètres au-dessus de sa tête. Le Rhodanien aurait-il du mal à passer un cap au niveau international ?
Un banc délaissé
Boumsong, Givet et Chimbonda en vacances en Allemagne, Diarra et Saha à peine mieux servis. La gestion des réservistes par Raymond Domenech laisse franchement à désirer, même si pour l’instant la victoire est au bout, ce qui permet de taire d’éventuelles crises d’égo mal placées. Pour combien de temps encore ? On se demandait en tout cas lors de l’annonce de la liste des 23 pourquoi les Giuly, Pires et Micoud n’étaient pas du voyage. On a désormais la réponse : le sélectionneur n’est pas homme à effectuer un remplacement comme cela, sans avoir pesé le pour et le contre de longues minutes, d’où l’intérêt d’avoir des joueurs l’acceptant sans broncher sur le banc comme Givet. Ce qui explique qu’il n’ait effectué jusqu’à présent qu’un seul changement avant la 70e minute de jeu, Ribéry suppléant Wiltord à la 60e minute contre la Corée. On se souvient ainsi lors de ce même match de l’entrée «gaguesque» de Trezeguet à trois minutes de la fin pour aucun ballon touché et un brassard de capitaine récupéré dans la confusion. Cette gestion des ressources humaines ne finira-t-elle pas cependant par se payer d’une manière ou d’une autre ?
Du jaune menaçant
Surtout que le risque d’avoir plusieurs joueurs suspendus en finale, en cas de carton jaune contre le Portugal, est grand. Sur la liste jaune, on retrouve ainsi les noms de Thuram, Sagnol, Vieira, Saha, Zidane et Ribéry. Autant dire du lourd. Imaginons maintenant que les deux premiers soient tous deux avertis contre les Lusitaniens. Domenech lancerait-il comme cela dans le grand bain Chimbonda et Boumsong sans aucune minute de jeu au compteur ? Ne risque-t-on pas de voir du coup des joueurs français sur la réserve au niveau de l’engagement ? Une possibilité qu’excluait pourtant d’un revers de main Lilian Thuram en conférence de presse : «L’important ce n’est pas de savoir qui va peut-être jouer la finale. L’important c’est que l’équipe de France fasse tout pour jouer cette finale. Si les joueurs qui ont des cartons se mettent en tête qu’il faut faire attention, il y a de grandes chances que la France n’aille pas en finale car ils ne joueront pas à leur niveau.» Mais face à des Portugais que l’on sait habiles dans la provocation et pour provoquer l’énervement adverse, le pire est toujours envisageable. Raymond Domenech est d’ailleurs bien placé pour le savoir depuis une certaine rencontre en Espoirs en 2003, à Clermont-Ferrand…