Domenech: "Ma satisfaction, c'est qu'on va au bout"
RAYMOND DOMENECH, comment abordez-vous ce premier rendez-vous des éliminatoires en Géorgie ?
R.D. : On revient à la réalité. En Bosnie, c'était un match amical, un match de reprise, là on sait qu'il y a deux matches importants qui nous attendent. Il y a six points à prendre. Il faut être prêt tout de suite. En général, ce sont des matches pièges en début de saison. Nous, on les a tout de suite avec un déplacement peu évident en Géorgie. Je ne parlerai d'ailleurs que du match en Géorgie. Pour l'instant, l'Italie ne nous intéresse pas.
Et si Makelele refusait tout de même de venir en sélection ?
R.D. : Le règlement est simple. Un joueur qui refuse une sélection est suspendu pour les deux prochains matches qui suivent cette sélection. En extrapolant un peu, comme il y a deux matches de qualification, il serait suspendu pour quatre matches. Et, comme il y a encore deux matches en octobre, il ne jouerait pas avant le mois de décembre.
Est-ce qu'il pourrait avoir un statut particulier en dehors des matches amicaux ?
R.D. : Non. Les matches de qualification comptent. C'est trois points à chaque fois. Je le répète depuis plus de deux ans : l'objectif, c'est faire la meilleure équipe possible. Pour faire une sélection, ça veut dire prendre des joueurs qui ont déjà prouvé qu'ils sont capables de jouer au plus haut niveau.
Le fait d'avoir convaincu Lilian Thuram et Claude Makelele de rester est-il une victoire personnelle ?
R.D. : Je pense que vous n'avez pas tout à fait compris mon mode de fonctionnement. Je ne cherche pas de victoire ou de satisfaction personnelle. Ma satisfaction, c'est quand on va au bout et que l'on gagne. Avant, j'ai le travail d'un sélectionneur qui doit essayer d'avoir la meilleure équipe possible. C'est ce que je fais en ce moment. Pour l'instant, ça se résumé à ça.
La présence des anciens ne risque-t-elle pas de freiner l'éclosion des jeunes ?
R.D. : L'avenir, c'est le présent qui continue. Si le présent n'est pas performant, il n'y a pas d'avenir. Les passages de génération se passent toujours mal s'il y a des coupures brutales. Ça doit se faire petit à petit. Ça n'est pas la fin des anciens, qui ont prouvé quelque chose, qui donne de la qualité aux nouveaux. C'est parce que les nouveaux vont grandir et pousser qu'ils vont prendre la place des anciens. Moi, je le vois comme ça. C'est à ceux qui sont derrière de prouver et de mettre les autres dehors. Pas l'inverse.
Un mot sur Sidney Govou qui n'a pas encore repris avec Lyon et qui cherche toujours un club...
R.D. : J'ai quand même des informations sur sa préparation et sur ce qu'il fait. Robert Duverne n'est pas très loin. J'en sais assez pour savoir qu'il est en état. Et, par rapport à ce qui s'est passé pendant la Coupe du monde, c'était important de revoir tout le monde. Il y en a encore deux que je n'ai pas encore revu mais qu'on reverra : Mickaël Silvestre et Pascal Chimbonda. Ça me semble logique qu'eux aussi reviennent et montrent ce qu'ils sont capables de faire. Il a rendu les services que l'on attendait de lui. J'avais envie de le relancer dans ces deux matches.