France - Italie chaud bouillant
La France reçoit l'Italie ce soir au Stade de France, toujours blessée par la perte de la Coupe du monde, mais consciente qu'elle a l'opportunité de laisser son bourreau du 9 juillet à cinq points dans la course à l'Euro 2008.
Sans Zidane (retraité) et sans Materazzi (suspendu), France - Italie a peut-être une chance d'exister par lui-même et d'être considéré pour ce qu'il est objectivement : le deuxième match des Bleus sur les douze menant à l'Euro. Depuis le tirage au sort, la venue de l'éternel rival transalpin s'était dégagée comme le grand rendez-vous des deux saisons à venir. La finale de la Coupe du monde, "gagnée" par l'Italie (1-1, 5-3 t.a.b.), et le mythique "coup de boule" de la 110e minute, sans doute le plus célèbre de l'histoire désormais, font que l'idée d'une revanche passionnée s'est imposée dans tous les esprits. Le grand public français, c'est son droit, vit toujours le 9 juillet comme une «injustice de l'histoire», comme la qualifiait récemment Gallas. Toute la presse internationale va investir Saint-Denis pour suivre ce remake brûlant. Et même les joueurs, dans les deux camps, ne cherchent pas à faire comme si.
Les Bleus ont fait passer l'idée de retrouvailles inévitablement connotées, puisque les Italiens ont pourri leur été. «On essaie de faire comme si c'était un match comme les autres, mais par rapport à ce qu'il s'est passé, ce sera, quoi qu'il arrive, spécial, reconnaît Vieira, seul titulaire annoncé à évoluer en Serie A. Ne pas avoir soulevé la coupe, c'est une déception qui n'est pas encore effacée.» Elle ne le sera pas de sitôt, même en cas de match parfait des Bleus, souligne Thuram. «C'est une revanche pour les spectateurs, mais si l'équipe de France gagne, ça ne voudra pas dire que nous serons champions du monde. Je connais bien les Italiens, ils savent qu'une victoire aux tirs au but est aléatoire et ne démontre pas de supériorité. Ils viendront prouver qu'ils sont l'équipe la plus forte du monde.» «Nous ne sommes pas en boxe, la ceinture n'est pas remise en jeu, souligne de son côté Henry. Ce match, c'est juste trois points à prendre et la possibilité de mettre les Italiens à cinq. Ce n'est pas négligeable.»