Domenech: "Je suis inquiet naturellement"
Raymond Domenech, le sélectionneur de l'équipe de France, a estimé que le déplacement de samedi en Ecosse à Glasgow serait « un match charnière » dans les éliminatoires de l'Euro 2008.
Raymond Domenech, comment se présente ce match pour vous ?
Là, c'est un match charnière dans la qualification. Il y a eu le match contre l'Italie (ndlr, victoire 3-1 au stade de France le 6 septembre en éliminatoires de l'Euro-2008), ça c'était un match post-Coupe du monde. Là, à Glasgow, on attaque la qualification pour l'Euro. La nature de l'équipe, c'est ce match-là qui va la définir. Au niveau de la pression, je dois dire que j'ai eu autant la pression il y a un an en Irlande, même en Israël, et aux Féroé (ndlr, dans le cadre des qualifications au Mondial-2006, alors que la France retrouvera les Féroé mercredi à Sochaux, en qualification à l'Euro). Pour ces matchs-là, c'était d'ailleurs une pression plus importante qu'une finale du Coupe du Monde. Je sais que vous avez du mal à me croire. C'était pourtant la réalité du moment, ça ne dépend pas de la hauteur du moment. Et là c'est pareil avec ce match charnière.
Willy Sagnol parlait, lui, de break possible...
Je n'aime pas ce genre de discours. On ne peut pas traîner, on ne verra pas après. C'est à chaque match que nous devons être concentrés, jusqu'à l'automne 2007 (ndlr, fin des qualifications). En 2000 (ndlr, après le titre de Champions d'Europe des nations des Bleus) les joueurs étaient - soi-disant - conscients du danger que représentait l'excès de confiance. On sait ce qui s'était passé ensuite... (ndlr, élimination au premier tour du Mondial-2002 sans marquer un seul but). A chaque match, il faut se remettre en cause. Là, c'était une semaine particulière, avec des blessures, des incertitudes. Il y a eu à préciser des choses, reformuler pour repartir sur des bases saines.
Mais justement, avec tous ces blessés (Saha, Gallas et Vieira incertains), l'excès de confiance que vous craignez doit quand même s'effacer ?
Il n'y a pas que le nombre des blessés qui peut diminuer tout risque d'excès de confiance : il y a aussi, quand on arrive en Ecosse, l'ambiance prévisible qu'il y aura pendant le match, la qualité de ces adversaires que l'on connaît. En revanche, on peut avoir de la sérénité. Mais moi, je suis inquiet naturellement, avant tous les matchs. Je n'ai pas de degrés d'inquiétude, c'est pareil à chaque fois.
Avez-vous consulté Paul Le Guen, actuellement manager des Glasgow Rangers en Ecosse ?
Non, je ne parlerai pas à Paul, je le laisserai tranquille pour qu'il n'ait pas à me dire comment sont des joueurs qu'il connaît. Je ne veux pas le mettre en difficulté maintenant qu'il travaille en Ecosse, avec des Ecossais.