Domenech: "Ce n'est pas David qui a failli contre l'Ecosse"
Ravi du succès face aux Féroé, Raymond Domenech n’oublie pas pour autant la défaite en Ecosse. De quoi expliquer que le sélectionneur national n’était pas complètement satisfait lors de son débriefing.
Raymond Domenech, quel bilan faites-vous après quatre matchs dans ces éliminatoires ?
Au niveau comptable, ce n’est pas satisfaisant. Il nous manque les trois points perdus en Ecosse. C’est mieux au niveau spectacle avec une certaine euphorie lors des victoires face à la Géorgie et l’Italie. Pour ce qui est de la manière, on a repris le fil face aux Iles Féroé dans un match où on devait attaquer face à une équipe qui défendait. Donc en résumé, c’est un bilan équilibré. Je ne suis pas complètement satisfait de ces quatre premiers matchs.
Avez-vous digéré la défaite en Ecosse ?
Pour moi, les éliminatoires ont commencé en Ecosse. On s'est replongé dans le Championnat d'Europe après l'Italie qui était un prolongement de ce qui s'est passé à la Coupe du Monde. Maintenant, on entre en plein dedans. On a retenu la leçon de la défaite en Ecosse contre les Féroé. Sur la manière de jouer, c'est positif mais contre la Lituanie (le 24 mars), il ne faudra pas oublier ce qui s'est passé samedi. Une qualification se joue à chaque match, elle ne se joue pas une fois de temps en temps à domicile contre un gros adversaire. Rien n'est fait et on a un petit retard par rapport aux Italiens. On est toujours dans la même situation. Ce n'est pas parce que l'on a battu les Féroé que tout d'un coup l'horizon s'est ouvert et que l'on est qualifié. L'Ukraine est là, l'Italie sera là, avec l'Ecosse. On a perdu trois points en Ecosse qui peuvent coûter très cher. Les Italiens ont perdu deux points (Ndlr : contre la Lituanie). Donc pour le moment, avantage aux Italiens.
Les déclarations de Gallas n'ont-elles pas créé un climat d'euphorie dans l'équipe avant l'Ecosse ?
La meilleure équipe du monde peut être battue par tout le monde. Il faut rappeler cela en permanence. Maintenant, j'espère que l'on est prévenu. On peut passer du sommet au trou très vite. Il faut maintenir cet état de vigilance et de concentration. La Coupe du Monde avait fait progresser l'équipe au fur et à mesure alors qu'en Ecosse, on n'était pas encore entré dans le Championnat d'Europe. C'est mon travail de leur dire, d'insister. On ne peut pas être satisfait des deux matchs parce qu'il y en a un qui est raté.
Etes-vous préoccupé par la coupure de cinq mois avant le prochain match des qualifications contre la Lituanie ?
Oui parce que c'est bien qu'il y ait des matchs. Mais on a un match amical contre la Grèce (le 15 novembre au Stade de France) et il y'en a un au mois de février qui n'est pas encore défini. Cela permet de voir les joueurs, d'entretenir le contact avec eux et leur montrer que l'équipe de France existe toujours. D'un autre côté, une pause permet de souffler, de faire le tour des joueurs sans pression et de voir comment ils progressent, surtout pour les plus jeunes.
Etes-vous satisfait par la première sélection de Jérémy Toulalan et de Julien Escudé ?
Pour atteindre le niveau des autres, il y a un monde. Ils sont entrés dans un match contre les Féroé. Je ne veux pas sous-estimer leur performance dans ce match mais c'est dans d'autres rencontres, dans une pression et un contexte différents, qu'ils feront un bout d'essai pour voir. On ne va pas faire un jugement sur ce match-là.
Dans la hiérarchie des attaquants, la paire Henry-Saha a-t-elle une longueur d'avance sur les autres combinaisons possibles ?
Non. Cela dépend des périodes. Quand il y a tout le monde, il faut choisir. Mais on ne sait pas ce qui se passera au mois de mars. Je suis plutôt satisfait de voir que ceux qui sont entrés (Ndlr : Anelka et Trezeguet) ont prouvé qu'ils étaient présents, qu'ils avaient envie de faire quelque chose puisqu'ils ont marqué trois buts après. Cela donne plus de choix et de possibilités mais d'ici aux mois de mars et juin, il peut encore se passer des choses.
Peut-on cependant estimer que l’association Henry-Trezeguet a vécu ?
Non pourquoi ? Vous faites toujours des analyses avec deux joueurs. Mais il ne faut pas occulter le contexte. Ce n’est pas David qui a failli contre l’Ecosse. C’est l’ensemble. Et ce n’est pas non plus David qui nous a fait gagner contre les Féroé. Je n’aime pas ces accusations sur un joueur ou une association. Moi, je globalise. Et l’équipe de France a été mieux contre les Féroé que contre l’Ecosse. Si David n’a touché que douze ballons contre l’Ecosse, il n’est pas le seul responsable.