Trézéguet: "J'aimerai avoir une dernière expérience
Voici une interview de Jorge Lopez, un journaliste argentin, que j'ai traduis:
Il n'arrête pas de faire des plaisanteries comme "Les photos, nous les faisons à coté de l'Olympique?" Un pantalon court, un tee-shirt blanc, David Trézéguet est à coté de la maison de son oncle Tomaso en plein quartier de Floride. Alors que maman Beatriz applique un aérosol pour que les moustiques ne boycottent pas l'entrevue, David, naturel et gentil prend une table en plastique, demande de l'aide et court se mettre à l'ombre. "On ne va pas être bien?", dit-il, avec un verre de limonade.
Qu'est ce qui t'étonnait? Le rôti, les amis, la..
_ (Il interrompt) La famille. Il y a 2 ans que je n'étais pas retourné en Argentine. Le faire m'a fait du bien, surtout de voir à nouveau la famille, les amis, les coutumes... L'Argentine en général... le pays qui m'a donné la possibilité de croitre en tout sens.
Comment as tu trouvé le pays après ces années?
_ Il y a 2 ans en arrière, quand je suis venu, c'était un moment critique pour le pays. Je le trouve maintenant changé, les gens se sont adaptés à cette réalité. La mentalité argentine s'est ouverte. J'ai trouvé des personnes plus positives, plus heureuses et j'ai aimé. Ils ont eu seulement dix jours de vacances, mais pour ce dont j'ai parlé avec mes amis, les gens travaillent, il y a de la stabilité.
Qu'est ce que tu comptes faire là?
_ Ce qui ne peut pas me manque, c'est de venir voir ma famille. J'ai grandi avec eux. Il existe toujours cette communion entre nous, malgré la distance. Retrouver à nouveau mes amis, le rôti, ... J'aime aussi lui apporter cela ( Il parle de son fils qui a 6 ans), pour qu'il connaisse mes racines, d'où je viens. Ma femme est espagnole et à la maison nous parlons castillan. C'est pourquoi, quand il vient, il s'adapte et se fait comprendre.
Et les gens du quartier?
_ L'impact sur les gens est fort. Ils disent "Il revient dans le quartier!" Ils ne s'y attendent pas. Il y a des choses dans la vie que l'on n'oublie pas.
Ils te reconnaissent?
_ Les gens m'ont surpris parce que, quelques années en arrière, je passais d'avantage inaperçu. Ils commencent maintenant à plus me reconnaitre car le football est très populaire. Pour moi, il est important d'avoir l'affection des gens du pays qui m'ont donné la possibilité d'évoluer.
Dans un certain sens, l'anonymat est bon?
_ C'est super. En Italie, il est plus difficile (de sortir), la Juventus est l'équipe la plus populaire. Mais venir au quartier, sortir prendre quelque chose avec mes amis, aller où ils veulent me change et me fait du bien.
Regardes tu le football argentin depuis l'Italie?
_ Oui, ils passent les matchs. Le championnat argentin, lui je ne l'ai pas beaucoup suivi cette année mais j'ai vu de la finale entre Boca et Estudiantes. En voyant les terrains pleins, il te monte des désirs d'éprouver la sensation de jouer dans ce football argentin. Pas maintenant, mais avec le temps...
Comment t'a paru l'Ouverture?
_ C'était passionnant. Tous donnaient favori Boca et Estudiantes a gagné. C'est ce qui est beau dans le football. De petites équipes ont la possibilité d'avoir de grands rôles dans les championnats.
Quelle équipe a-tu aimé?
_ Estudiantes a été celle qui m'a le plus surpris. Avec Cholo Simeone et Bruja Veron, il a employé un jeu plus européen avec une équipe bien ordonnée.
Où joueras-tu quand tu décideras d'y retourner?
_ Je n'y ai pas pensé. Mais en voyant la passion qu'il y a dans le football argentin, j'aimerai avoir des expériences. Quand j'y étais très jeune, il y avait peu de match à Platense.
Pourquoi viendrais-tu?
_ Une expérience du jeu et humaine. Pas économique. Mais en parlant avec Maradona, un symbole, il m'a donné des désirs d'y jouer, un jour..
Comment a été la rencontre?
_ Diego je l'ai connu à Naples. Ca a été quelque chose de très particulier parce que j'ai eu la possibilité de connaitre beaucoup de joueurs importants, mais celle avec Diego a été très émouvante. J'ai grandi avec cette image de Diego, nous avons ce qu'il représente partour dans le monde, à San Paolo quand tout le stade chantait sa chanson et criaient son nom, ce fut très fort et impressionnant. Diego m'a montré qu'il était un passionné de football, nous parlons de tout en échangeant des anecdotes. Diego mérite tout le respect.
Comment était-il?
_ Ce qui m'a le plus marqué est que Diego savait qui j'étais. Ca m'a beaucoup touché. Le premier contact a été très émouvant, de voir son idole et de pouvoir lui parler, l'embrasser, faire une photo. Rencontrer Diego a été plus fort que si c'était un autre, Zidane, Ronaldinho, Ronaldo, Van Basten, Pelé.. Notre passion du football représente des heures d'anecdotes. Diego est une encyclopédie du football. C'est quelqu'un de simple qui aime ce qu'il fait. Il est ouvert à tout type de personnes.
Diego va vouloir que tu joues à Boca?
_ Je vais avoir un problème. Le club qui m'a d'avantage passionné a été Platense. Il est vrai que si Diego me demande de venir y jouer à Boca, il serait difficile de lui dire non. Je vois la passion qu'il met pour Boca, il serait alors difficile de lui dire non. Mais pour le moment je n'y ai pas pensé.
Que sais-tu de Gonzalo Higuain?
_ Je ne l'ai pas vu jouer. Ils m'ont parlé de la possibilité qu'il a, s'il voulait, de jouer dans la sélection française. La France a posé les yeux sur lui parce qu'elle sait qu'il est prometteur. Jouer à 19 ans à River veut dire qu'il a un excellent niveau. Il a été acheté par Madrid par un coach avec qui j'ai travaillé. La décision de jouer dans la sélection ou non doit être prise tranquillement. Ils ont tous donné mon exemple, mais nous sommes différents. Je suis né en France, j'y ai joué 2 années avant d'avoir la possibilité de jouer dans la sélection. Deux années après, je me suis retrouvé champion du monde en 98. Lui, il a joué à River, et maintenant se retrouve au Real. Il n'a pas eu cette expérience d'avoir vécu en France.
Comment as tu vécu l'expérience de jouer en série B avec la Juventus?
_ J'ai eu un temps difficile. Pour moi, ça a été un Mondial difficile parce que je n'ai pas joué alors que je pensais le faire. Nous étions sortis comme champions avec la Juventus dont 24 buts pour ma part. Je pense que lorsqu'on joue dans une grande équipe comme la Juventus, il ne doit pas y avoir de doute pour vous faire jouer sur le terrain. La France a opté pour un jeu plus défensif avec une seule pointe, 4-5-1.
As-tu des problèmes avec le sélectionneur?
_ Aucun. Mais je pense que nous sommes tous des joueurs de haut niveau et nous voulons jouer. J'ai dis que je méritais d'être dans les titulaires. Un joueur qui a démontré sa valeur dans un grand club et qui a réalisé 35 buts en 60 matchs en sélection... pourquoi n'y est-il pas? L'exemple le plus clair est Lucas Toni: durant une année, il a réalisé 30 buts avec la Fiorentina et il a été titulaire en Italie, alors que les années précédentes, il n'avait pas joué. On ne parle pas du cas Batistuta-Crespo, avec des caractéristiques égales. Henry et moi sommes différents.
En retournant à la Juve, il a été dur de se dire que tu allais jouer en série B?
_ Le club n'a accepté aucune offre me concernant. Pour moi, il a été dur de l'accepter. Camoranesi, Del Piero, Buffon et moi, ceux qui restons, payons pour les erreurs des dirigeants. Dans le domaine du jeu, nous démontrons que nous sommes les meilleurs. Le club m'a ensuite fait comprendre que c'était un honneur de me considérer in transférable. Ils restent 6 mois.
Tu as été souvent prétendu vers Barcelone?
_ J'ai toujours aimé le football espagnol. Je viens de la culture du football argentin. Le championnat italien est d'un niveau plus élevé. J'ai fais 5 années à Monaco, 7 années à la Juve, j'aimerai avoir une dernière expérience. Je veux bien rester à la Juve mais avec une équipe compétitive. J'ai été clair avec les dirigeants, être entre les 6 premiers ne m'interesse pas.
Merci à leila
