RD: Il faut se remobiliser
Voici l'interview de Domenech par Emmanuel Quintin de Sport24:
France-Argentine, c’est une affiche dont vous rêviez en Allemagne ?
Non, je rêvais d’une victoire de la France contre le Brésil, l’Allemagne, l’Italie, l’Argentine… N’importe qui. Mon seul rêve était de gagner la Coupe du Monde. Mais c’est vrai que c’était mon pronostic pour la finale et les Allemands ont contrecarré mon pronostic.
L’Argentine était l’une des plus belles équipes de la Coupe du Monde ?
Non, la plus belle ça reste l’Italie car elle a gagné. Le reste, après… En Coupe du Monde, on peut connaître des parcours euphoriques sur les premiers matches et se faire éliminer en 8es ou en quarts de finale. Dans une compétition comme celle-là, ce qui compte c’est d’aller au bout. La plus belle équipe, c’est celle qui gagne, c’est tout.
N’est-ce pas difficile de vouloir préparer le match contre la Lituanie au vu des absences que vous déplorez pour mercredi soir ?
On est obligé de s’adapter à la situation. Il n’y a pas de postes figés en équipe de France. On ne sait pas ce qui se passera au mois de mars, personne ne le sait. Donc faire jouer des joueurs qui ont peu évolué en équipe de France, c’est très bien car cela peut très bien être la solution pour le mois de mars. A eux de prouver leur valeur. Le roulement, c’est le lot de toutes les sélections. Ceux qui ont la chance d’être là prennent toujours la place de quelqu’un. Il faut savoir saisir sa chance en sélection.
Un France-Argentine, cela fait tout de même partie des matches dont vous rêvez ?
Non, je n’idéalise pas ce genre de match. Il se situe dans un parcours bien précis. Il nous fallait un match contre une bonne équipe à cette période là pour mobiliser tout le monde, pour qu’il y ait du monde au stade. De ce côté, c’est réussi car on va jouer à guichets fermés. Maintenant, il faut en faire quelque chose de bien. Car c’est peut-être un spectacle mais on doit garder à l’esprit qu’on prépare le match face à la Lituanie derrière.
En quoi ce match peut-il servir de préparation pour la Lituanie ?
Avec les absences, on va voir à l’oeuvre des joueurs qui ont peu l’habitude de jouer ou à des postes inhabituels. C’est donc plutôt bien car au lieu de partir à l’aventure contre la Lituanie, on va tester d’autres formules. C’est l’intérêt des matches amicaux.
L’Argentine reste sur des résultats décevants. Craignez-vous de l’agressivité de leur part ?
Ils ont perdu contre l’Espagne en Espagne et contre le Brésil en Angleterre, cela n’a rien d’infâmant. S’ils avaient perdu contre des équipes de seconde zone, on pourrait se poser des questions mais là, ils jouent les meilleures équipes du monde… Ces matches là, on ne peut pas tous les gagner. Je crains surtout les qualités de footballeur de la plupart des Argentins. Ils sont capables d’éliminer, d’endormir l’adversaire et d’accélérer pour le déstabiliser. J’ai encore en mémoire leur but contre la Serbie en Coupe du Monde avec une vingtaine de passes et une action qui se termine par une talonnade dans la surface. C’est une action qui restera gravée dans les mémoires.
Il y a eu une longue coupure depuis le dernier match, craignez-vous que le fil conducteur qui liait l’équipe depuis la Coupe du Monde soit distendu ?
Ce sont les matches qui nous le dirons. La rencontre contre la Grèce nous a montré qu’on était encore là. Celle de mercredi va permettre de faire le pont jusqu’au prochain match. Entre les matches internationaux, chacun part sur des objectifs différents en club. Après, il faut se remobiliser pour l’équipe de France. Et ce n’est pas évident lors des matches amicaux où on a un jour et demi, deux jours, pour se préparer et se remobiliser.