Raymond Domenech répond
La querelle porterait à sourire si elle se passait dans un collège. Mais là, elle oppose le sélectionneur de l'une des meilleures équipes du monde à plusieurs de ses compatriotes, tous entraîneurs dans des clubs prestigieux. Cible d'un tir groupé de reproches quant à son usage (trop) modéré du portable, Raymond Domenech riposte en confiant à L'Equipe qu'ils «peuvent l'appeler, eux aussi».
«Les entraîneurs de club défendent leurs intérêts individuels. Moi, je défends un staff, une équipe, un pays. Mais plutôt que de polémiquer, je peux leur renvoyer le compliment : ils peuvent m'appeler eux aussi (...) Déjà, personne ne sait réellement si les autres sélectionneurs appellent», maugrée le sélectionneur. Ce qui fait donc penser à une cour d'école, sauf à laisser passer sans y prêter attention l'explication suivante : «C'est une question de logique. Mes principaux relais sont les joueurs cadres de l'équipe de France, c'est un schéma classique en équipe de France».
Les problèmes relationnels, permanents ou temporaires, entre Raymond Domenech et Arsène Wenger (Arsenal) ou Lyon (Gérard Houllier) ne sont pas nouveaux. Mais le fait que Didier Deschamps, relativement réservé d'ordinaire, regrette dimanche que le sélectionneur «ne parle avec aucun entraîneur pour demander un conseil, pour se renseigner sur la condition des joueurs» avait surpris. Des propos à replacer dans le contexte de la non-sélection de David Trezeguet. Laurent Banide, l'entraîneur de Moanco, confirme aussi qu'il n'a jamais été appelé pour évoquer la saison et les sélections de Gaël Givet et Frédéric Piquionne.