Platini: "Bravo DD, il mérite de rester"
12h00, aéroport "Charles De Gaulle", Michel Platini avec quelques amis est sur le point d'embarquer, comme n'importe quel touriste. Et chose qui nous frappe peu, parce qu'en Italie nous sommes habitués à voir des personnalités politiques ou du sport entourés de gardes du corps. Le président de l'Uefa porte ses valises seul, les pose sur le tapis et présente ses documents d'embarquement à l'hotesse d'Air France. En main, les billets du vol AF 1832, destination Athène.
Gentil et disponible. Content d'être arrivé à temps à l'aéroport, "avec le trafic de Paris, on ne peut jamais savoir", il ne se fâche même pas lorsque l'hotesse lui annonce que le vol a pris un retard d'une dizaine de minutes. "Chose qui arrive, j'ai déjà vu pire". Il nous accueille avec un grand sourire lorsque nous nous présentons: "Turin? Que de splendides souvenirs, je suis lié à cette ville. Cependant, du temps a passé."
Ces 5 années magnifiques, les tifosi ne les ont pas oublié: 2 championnats, Coupe d'Italie, Coupe des Coupes, Ligue des Champions, Supercoupe européenne, jusqu'à la Coupe intecontinentale et 3 titres de Ballon d'or. Ainsi que la reconnaissance officielle: "A la Juve, personne n'a atteint son niveau", rappelle Giovanni Agnelli. "Merci" est l'unique mot qui sort de la bouche de Michel. A propos du retour en série A: "Vous pouvez bien l'imaginer, étant ex-bianconero, comme la chose me fait un immense plaisir. Finalement c'est fini et c'est une très bonne nouvelle. Une belle société, des joueurs méritants, un beau groupe qui a su bien travailler malgré des conditions difficiles. Du reste, je l'attendais, je n'avais pas de doutes que la Juve réussirait vite."
Platini lit tous les journaux italiens. Deschamps devrait rencontrer, demain ou jeudi, l'administrateur délégué bianconero Jean-Claude Blanc pour discuter de la prolongation du contrat. Le projet de la Juve prévoit un contrat de 3 à 5 ans. Il est logique de penser qu'il sera appelé à collaborer avec le projet. Michel précise: "Avant tout, je ne me permettrais jamais de donner des conseils aux dirigeants de la Juve. Ils sont capables de décider seuls, sans mes conseils." Cependant, il ne peut pas s'empêcher de donner sa bénédiction: "La logique veut qu'un entraîneur qui a fait du bon travail mérite de garder sa place. Mais je m'arrête ici."
Nous décidons alors de parler du futur: la série A conquise, les tifosi sentent le doux parfum de l'Europe. Peut être l'Uefa, tandis que le rêve de la Ligue des Champions reste présent: est-il possible d'y accéder dès les saisons prochaine? "En tout franchise, je ne sais pas. Ce ne sera pas facile. L'unique certitude que nous avons est que la Juventus en tombant en série B a perdu des hommes comme Thuram, Zambrotta, Cannavaro, Ibrahimovic. Les remplacer pour revenir en Europe ne sera pas chose facile. L'histoire enseigne qu'il est plus facile de détruire une grande équipe qu'en construire une autre, en un temps bref." Les valises ont maintenant embarqué. Il a à peine le temps pour une boisson au bar, puis le contrôle des passeports et la dernière question. Qui gagnera la Ligue des Champions? "Je ne pense vraiment pas que le Président puisse s'exprimer jusqu'à ce point. Je suis impartial, je dois être impartial. Je souhaite seulement que ce soit un grand spectacle. Je suis sûr cependant d'une chose: je délivrerai la coupe. Au revoir mon ami. Mes salutations à Turin."
source: La Stampa
traduc: Miss Lili