Zébina; des A' aux A'
Déjà retenu en équipe de France A' en 2001, sélectionné pour la seule fois de sa carrière en 2005, Jonathan Zebina fait partie des joueurs qui ont énormément à gagner avec le double rendez-vous slovaque. Opéré des adducteurs il y a un an, le latéral droit de la Juventus veut devenir le pendant naturel de Willy Sagnol.
Il pourrait être le symbole des joueurs pour lesquels Raymond Domenech a ressuscité l'équipe de France A'. Ceux qui, comme Réveillère, Z. Camara, Briand, Benzema ou Piquionne n'ont qu'une expérience infime du maillot bleu, et peuvent quasiment compter sur les doigts d'une main le nombre de leurs convocations. Jonathan Zebina a 28 ans, mais une seule sélection en équipe de France. «Les A', c'est une opportunité pour se montrer, je pense, comme pour tous les non-titulaires, reconnaît le défenseur formé à Cannes. Je ne suis pas en position de dire : ''je vais en A, ou rien''. A mon avis, c'est mieux de jouer mardi en A'. Je pense qu'il est important pour Raymond Domenech de me voir jouer.» Zebina a le mérite de dire les choses franchement. Il pourrait se conformer aux usages du milieu. Dire que «la concurrence fait avancer et qu'il est à la disposition de l'équipe», par exemple. Mais le latéral droit de la Juve n'a plus le temps de remettre à demain ce qu'il ambitionne depuis des années. «Pour être clair, il y a une place à prendre derrière Willy (Sagnol, convalescent). Le coach est en train de chercher qui pourrait postuler. » François Clerc n'appréciera peut-être pas. Ce n'est plus le problème de Zebina. «Une carrière est courte. Participer à des phases finales, c'est donné à très très peu de monde. A 29 ans, il n'y a plus d'excuse. Ou on est bon, ou c'est le placard.»
Longtemps oublié derrière le duo Thuram - Sagnol, convoqué pour la première fois en 2001, placé en pole position pour suppléer Sagnol entre l'Euro 2004 et la Coupe du monde 2006, Jonathan Zebina dit sortir renforcé d'un «cauchemar» de presque deux saisons. Celui-ci avait commencé en avril 2005, en quart de finale de la Ligue des champions contre Liverpool, par une élongation aux adducteurs. Il se sentait alors au top. De gênes en rechute, en passant par une appendicite en novembre 2005, la Coupe du monde envolée, Zebina a choisi l'opération en juillet 2006. «Maintenant, tout est revenu ans l'ordre, comme avant» assure-t-il. Il s'attaque à nouveau, trente mois après sa première tentative, à l'objectif qu'il s'était assigné en marge de son unique sélection, contre la Suède en février 2005 (1-1) : «Trouver une constance en sélection», même si le traumatisme de la Coupe du monde 2006 est passé par là. «J'étais certain d'être dans le groupe si j'étais à 100% physiquement» lâche-t-il. Mais encore ? «C'était une certitude personnelle, et un message assez explicite de Raymond Domenech à ce moment-là. Je m'entraînais avec Lilian (Thuram) et Patrick (Vieira) et leur message était assez clair. Ça s'est déroulé autrement. Je ne vois pas pourquoi les choses auraient changé.»
Sagnol sera encore blessé pour Italie - France...
«Cela fait neuf ans que je joue en Italie. J'ai gagné trois championnats, rappelle l'un des favoris de Capello, qui avait envisagé de le faire signer au Real Madrid. Je sais bien que je n'ai pas la même réputation en France et en Italie, mais si moi je me vois pas tout en haut, je ne sais pas qui le fera pour moi. Je suis conscient de ce que j'ai réalisé en Italie et je me propose comme un candidat en équipe de France. Je me dis que ce serait un juste retour des choses par rapport aux résultats que j'ai eus et aux efforts que j'ai faits pour revenir.» A une époque, il pensait que son départ précoce de France l'avait desservi auprès de la FFF. Il n'en parle plus. «Ne pas être en équipe de France, c'était une énorme fêlure, dit-il, mais je ne considérais pas ça comme une injustice. Avant d'accuser qui que ce soit, je me juge moi-même. Quelque chose dans mon jeu, ou dans mon destin, faisait que c'était comme ça. »
Italie - France (8 septembre), il «y pense», bien sûr. «Je ne peux qu'y penser», insiste-t-il. Pourtant, le sujet n'agite pas encore le vestiaire turinois. «Franchement notre préoccupation principale, c'est la qualité de notre groupe n'est pas du tout la même qu'il y a deux ans» dit celui qui a prolongé jusqu'en 2011. Mais le reste de l'Italie ne pense déjà qu'à ça, et Raymond Domenech y est pour quelque chose. « On a énormément parlé de ses déclarations, reconnaît Zebina. Cela a été vécu comme une insulte. Il y a énormément de tension. Je ne pense pas qu'on ait spécialement besoin de chauffer ce match. C'est un sommet. S'ajoute à ça le fait qu'on se ressemble tellement entre Français et Italiens. Maintenant, ça m'étonnerait que le coach ait lancé ça dans le vent. Je pense qu'il en attend quelque chose de positif à l'intérieur du groupe.» Willy Sagnol sera encore absent pour les deux prochains matches sur la route de l'Euro 2008. François Clerc a bien dépanné en juin dernier. Mais un spécialiste des relations franco-italiennes se pose là pour continuer le travail.