Equipe de France : L’enquête interne by Bab66
Voici un superbe article de bab66 qui marche dans les traces des Cahiers du Football. Il a accepté de vous faire partager la vie des Bleus au sein de leur hôtel, le « Mirador Kempinski », havre de paix luxueux au pied des montagnes suisses. => http://transversale.football.fr/2008/06/11/843-equipe-de-france-lenqute-interne <= (merci aussi à Isa!)
Mardi 10 Juin, 9h30 : Lever de l’Equipe de France et épidémies de maux de tête. Le somnifère de la veille a bien fait effet et c’est sans aucun souvenir que nos Bleus se rendent au petit déjeuner. Seul Karim Benzema glisse à ses partenaires que le match de la veille est une réussite. Raymond Domenech lui lance un regard noir.
10h30 : Une fois le repas pris, Raymond Domenech, qui erre depuis trois jours déjà dans l’hôtel à la recherche de signes du destin, fait signe à Claude Makélélé de venir et lui explique quelques notions tactiques comme la passe en avant. Thuram, qui passait par là, manque de s’étouffer en entendant de telles paroles. Heureusement, Franck Ribéry, déjà remis de la bataille de mousse à raser de la veille et des trente tours de terrain effectués pour avoir raté une passe, propose au défenseur du Barça une partie de domino qu’il accepte volontiers. Pendant ce temps, Coupet, Mandanda et Frey, jouent au « jeu du projecteur », inventé par ce dernier au sortir d’une rencontre face à l’Ukraine. Bruno Martini les regarde en pensant à Fabien Barthez, une larme à l’œil.
12h00 : Raymond Domenech, qui commence à trouver le temps long, convoque une conférence de presse. Devant 35 journalistes, il tente d’expliquer les conséquences des amas nuageux venus de Pologne pour préparer la rencontre face aux Pays-Bas. Les journalistes, habitués des analyses météorologiques du sélectionneur français, feignent d’écouter ces élucubrations. C’est alors que Franck Ribéry entre en trombe dans la salle et jette un seau d’eau au visage du premier des journalistes. Domenech, amusé, laisse faire le joueur du Bayern. Après tout, du moment qu’il ne joue pas sur le côté gauche… il peut faire ce qu’il veut ! Le kiné de l’Equipe de France glisse alors deux mots à Domenech. Celui-ci s’éclipse alors sans donner d’explications.
13h00 : Domenech, en grande discussion avec le kiné, depuis une heure déjà, paraît soucieux. En effet, les astres n’avaient pas prévu que Florent Malouda se tordrait le troisième orteil en tentant de dribbler un plot lors d’un entraînement improvisé par Bafé Gomis et Jean-Alain Boumsong. Pour conjurer le sort, Domenech décide d’allumer un cierge devant la photo de David Trézéguet. Il fait ensuite signe aux Bleus de se rendre vers le restaurant de l’hôtel. Seul Sébastien Frey ne mange pas.
15h00 : Le repas digéré, c’est l’heure de l’analyse technique du match face à la Roumanie. Rien de mieux pour faire une sieste, s’exclame Ribéry. Domenech le foudroie du regard. Le sélectionneur français insiste sur l’importance de mieux négocier les touches longues en vue du prochain match. Sébastien Squillaci, attentif aux consignes du coach, en profite tout de même pour sortir une caméra de son sac et filmer la scène. Qui sait, les consignes tactiques de Domenech, dans cinquante ans, ça vaudra peut-être son pesant de cacahuètes. Et, si The Substitue marche… pourquoi ne pas tourner la suite ? Squillaci s’imagine alors, montant les marches à Cannes, lorsque une question, posée par Sidney Govou, le sort de sa torpeur : « Elle est où la boîte la plus proche ? ». Franck Ribéry, sur le ton de la plaisanterie, lui répond « en cuisine ». A ce moment, Domenech semble perdre son légendaire flegme et se jette sur le joueur le plus proche. Heureusement, le nez de François Clerc est solide et le lyonnais s’en tire indemne. Le successeur de Chimbonda est sain et sauf. Les astres l’avaient prédits.
16h45 : Vient ensuite le tour d’un entraînement collectif. Les coups de pied arrêtés ne sont pas étudiés, Raymond Domenech ne souhaitant pas perdre son temps avec des broutilles. Malouda n’étant pas là, le sélectionneur décide qu’il le remplacera durant l’échauffement. Ribéry croit bon de lui rappeler qu’il peut évoluer à ce poste. Domenech ne prend même pas le temps de lui adresser un regard. Lassanna Diarra et Mathieu Flamini s’éloigent du groupe et entament une discussion concernant les négociations salariales au sein de leurs clubs respectifs et de la taille de leur voiture. Mathieu Flamini s’exclame alors : « C’est moi qui ait la plus grosse ! ». Claude Makélélé qui passait par là, lui lance un regard interrogateur…
18h00 : Les Bleus se réunissent devant l’écran géant mis à leur disposition pour suivre les matchs de l’Euro. C’est un intéressant Russie-Espagne qui s’offre à eux. La rapidité et la maîtrise technique espagnole prennent rapidement le dessus sur des joueurs russes, vraisemblablement à cours de forme. David Villa, auteur de trois buts, émerveille Bafé Gomis qui dit n’avoir jamais vu un tel joueur depuis David Trézéguet. Domenech a un haut-le-cœur.
22h30 : Après cette journée riche en émotions, nos Bleus se dirigent péniblement vers leurs chambres respectives. Seul Eric Abidal, qui a perdu ses pantoufles suite à un guet-apens tendu par Ribéry, traîne un peu dans les couloirs de l’hôtel. Les Bleus s’endorment alors, rêvant de trophées, de victoires ou… tout simplement de buts !