Notre Zizou
Le chef d’œuvre de Francfort
Cinq jours après avoir voulu envoyer Zinédine Zidane à la retraite, la presse espagnole n’avait de l’encre que pour le n° 10 tricolore au lendemain de la victoire de l’équipe de France face au Brésil en quarts de finale du Mondial. «Gano o rei Zidane» (le roi Zidane a gagné en portugais), titrait As alors que Marca lui lançait, comme un cri d’amour, «No te jubiles nunca !» (ne pars jamais à la retraite). Samedi, Zidane a écrit un nouveau chapitre de son histoire en bleu. L’un des plus beaux à n’en pas douter même si l’on espère qu’il garde le meilleur pour l’épilogue. Tout de blanc vêtu, n° 10 sur le torse et brassard de capitaine au biceps, le torero tricolore avait mis son habit de lumière pour se jouer des coups de cornes des redoutables taureaux brésiliens devenus d’inoffensives vachettes dans l’arène de Francfort.
Portugal le voilà !
Avant de toucher du doigt un deuxième billet pour une finale de Coupe du Monde, Zidane aura dû cravacher. Lui, que l’on disait en bout de course après des matches de préparation et des débuts contre la Suisse inquiétants, attendait son heure comme l’explique son complice Willy Sagnol. «! Il a énormément travaillé pendant les matches de préparation. Il a fait beaucoup de travail individuel en plus du travail collectif à Tignes puis à Clairefontaine. Forcément cela allait payer un jour et c’est ce qui est en train de se passer», analyse ainsi le Munichois plein d’admiration. «Je lui dis bravo pour tous les sacrifices qu’il a fait et tout le travail qu’il a réalisé parce que, accumuler toutes ces séances de travail à 34 ans, ça n’a pas dû être évident. On est vraiment heureux qu’il ait changé d’avis l’année dernière.» De l’avis de nombreux spécialistes présents à Francfort samedi, on n’avait plus vu un Zidane aussi étincelant sous le maillot bleu depuis la demi-finale de l’Euro 2000 remportée face au… Portugal. Auteur du but en or qualificatif pour la finale sur penalty, le Madrilène avait sorti le grand jeu à Bruxelles.
Après son chef d’œuvre de Francfort, tous les amoureux du football croisent désormais les doigts pour que Zidane récidive à Munich. «Au cours des dix dernières années, il a été le meilleur joueur du monde», rappelait, il y a quelque temps, le Roi Pelé qui pourrait formuler sa pensée au présent. Quant à Franz Beckenbauer, il se demande bien «pourquoi il (Zidane) veut arrêter alors qu'il est aussi bon qu'il y a quatre ans. S'il joue si bien, il doit continuer». Conscient qu’il faut toujours écouter les conseils de ses glorieux aînés, Zizou aura à cœur des les suivre, pour deux rencontres encore.