Déclaration de Domenech après le Irlande 0 - 1 France
Grâce à un but magnifique de Thierry Henry à la 67ème minute, la France quitte Lansdowne Road avec trois précieux points supplémentaires dans ses valises (1-0). Raymond Domenech (photo) revient sur ce succès historique en République d'Irlande. Satisfaction évidente mais aucune euphorie pour le sélectionneur national. Déclarations à chaud.
"Je me projette déjà dans nos prochains rendez-vous en octobre face à la Suisse puis à Chypre. Il fallait gagner à Dublin. Nous sommes toujours dans le même projet : remporter nos quatre dernières rencontres afin de se qualifier pour la Coupe du Monde 2006.
C'est donc la deuxième étape. Cette victoire nous a peut-être donné un surplus de confiance, c'est intéressant.
A Lansdowne Road, il n'y a pas eu qu'un seul exploit individuel de Thierry Henry. Nous n'aurons pas gagné sinon. Il y a eu autre chose, une vraie équipe. Les joueurs l'ont montré dans les jours précédents, à l'échauffement, dans le vestiaire, en pénétrant sur la pelouse. Nous avons senti que ce groupe a pris son destin entre ses mains. Cette équipe vit, réagit.

Les joueurs ont pris conscience des enjeux et ils ont envie d'aller en Allemagne l'été prochain.
L'exploit fait partie du jeu, Thierry Henry est coutumier et a eu un coup de génie. Mais les autres aussi comme Djibril Cissé face aux Iles Féroe à Lens (3-0). Ce qui fait une grande équipe est qu'à tout moment des joueurs peuvent faire la différence. Mais il fallait d'abord résister face aux solides Irlandais.
Nous avons réussi à mettre le ballon au sol, à le garder, à faire courir notre adversaire. Nous avons eu davantage de ressources à la fin de la partie.
Nous sommes toujours dans la même situation au sein de ce groupe 4. Un mauvais match à Berne peut nous mettre à nouveau en difficulté. Il faudra absolument s'imposer en Suisse pour rester maître de notre destin. C'est l'objectif que j'ai martelé depuis le mois d'août.
Sur le banc de touche, je n'étais pas inquiet. Je me disais simplement que l'on se mettait en difficulté nous-mêmes sur des choses pourtant préparées et connues. De temps en temps, nous avons donné aux Irlandais les armes pour nous mettre en difficulté.
A la fin de la rencontre, j'ai simplement dit aux joueurs : "Bravo... il reste deux matches". Attention à l'euphorie, ce ne sera pas non plus une partie de plaisir en Suisse. C'est la première fois qu'ils faisaient le "cri de guerre" dans le vestiaire.Tout un symbole. Il y avait quelque chose de plus fort.
Chacun savait que c'était une rencontre difficile, une étape importante. Quand on remporte ce genre de match, il y a une réaction, pas d'euphorie mais de satisfaction, de devoir accompli. C'est important. Mais ce n'est que la moitié du devoir accompli".